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L’Esport’s : le sport connecté au PUC

Depuis le début de cette année scolaire, le PUC a ouvert une section Esport destinée aux enfants de 11 à 17 ans. Pour la première fois sur Paris, un club de sport propose d’allier la pratique des jeux vidéo et du sport. FIFA, Rocket League, Fortnite, sont les 3 jeux proposés pour le moment, d’autres s’ajouteront à la liste prochainement.

Durant 1h30, des coachs spécialisés en Esport encadrent les enfants afin de leur permettre de pratiquer cette activité le plus sainement possible. La sensibilisation sur les risques des jeux vidéo est importante. La prévention sur le contrôle parental, la dépendance ou encore le respect des classifications par âge sont les principaux sujets abordés. Cependant, il est également important de mettre en avant les bienfaits et les vertus de la pratique du jeu vidéo et comprendre comment ils contribuent à l’apprentissage et au développement des enfants.

Par le biais de l’Esport, le PUC souhaite transmettre certaines valeurs fondamentales  du sport : fair play, partage, esprit d’équipe, respect….  Pour les 11-14 ans, en plus des cours d’Esport, les enfants ont l’obligation de pratiquer une heure et demie de sport parmi un large choix de pratiques : football, judo, basketball et plus encore…

Pour la catégorie 15-17 ans, seule l’heure et demie d’Esport est prévue avec les mêmes conseils et enseignements que l’autre catégorie.

Interview d’Adrien et Thomas, éducateurs en Esport au PUC :

Comment se passe une séance type d’Esport ?

Adrien : La séance contient un échauffement, une mise en pratique sur le jeu, accompagné de conseils et une analyse des résultats en fin de séance.

Thomas : La séance est un cours traditionnel, mélangeant théorie et pratique. On veut faire progresser chaque enfant, individuellement et collectivement.

Comment devient-on coach d’Esport ?

A : Nous avons tous les deux fait la même formation, c’est-à-dire un certificat de communication digitale spécialisé en Esport. Personnellement, j’ai passé quelques étapes du BAFA pour apprendre à diriger des groupes d’enfant.

Comment enseigne-t-on aux enfants les avantages de l’esport ?

T : Les avantages sont les mêmes que dans le sport : le respect des adversaires et des camarades, par exemple. On veut que les valeurs apprises en esport leurs servent dans leurs cours d’activité physique et dans leur vie quotidienne.

A : Il est prouvé que les jeux vidéo aident au développement cognitif chez les enfants. Ils doivent rester concentrés lorsqu’ils jouent. En esport, il faut souvent trouver la solution à un problème. On est là pour leur montrer comment résoudre ce problème.

A contrario : comment sensibilise-t-on les enfants ? Y-a-t-il des séances dédiées à cela ?

T : Oui, on fait des cours spécifiques. On leur explique l‘histoire du jeu vidéo, la durée limite devant les écrans ou encore les PEGI[1].

A : On leur demande de faire attention avec les écrans : les éteindre 2 heures avant d’aller se coucher, par exemple. On leur conseille de limiter la durée devant les écrans car une durée trop longue peut abimer les yeux ou avoir un effet néfaste sur le sommeil.

Pourquoi les parents imaginent l’esport comme quelque chose de néfaste ?

A : Ce sont les idées reçues qui donnent une mauvaise image de l’esport. La première, c’est la violence. Les parents pensent que les jeux vidéo rendent violent, cela a été prouvé que ce n’était pas lié. La seconde idée reçue, c’est le manque de sociabilisation. Mais, l’esport est une grande communauté où tout le monde échange, où l’on fait des rencontres. Je pense que c’est surtout le terme “jouer” qui pose problème. Les gens pensent que l’on joue seulement, que l’on ne travaille pas. Mais on fait les deux. J’ai réussi à prouver que je pouvais faire un travail de ma passion.

Les parents sont-ils investis dans les cours d’esport ?

A : Les parents ont beaucoup d’interrogations car ils ont l’impression que c’est du loisir. Ils demandent souvent comment les cours fonctionnent, s’il y a bien de la prévention. Ils sont aussi inquiets de la violence dans certains jeux.

T : Sur le jeu Fortnite, par exemple, où l’on voit des armes, ils peuvent être un peu réticents. Mais, le jeu est PEGI 12, il n’y a pas de sang, ce n’est pas réaliste. Les enfants peuvent donc y jouer.

Pour vous, l’esport, c’est un sport ?

A : Oui ! Les esportifs, ce sont des athlètes comme les autres, qui s’entrainent pour réussir une performance, gagner un trophée et en vivre. Comme un sportif.

T : Oui, c’est un sport. On retrouve les mêmes valeurs que dans le sport : le jeu en équipes, le respect, les spectateurs, les retransmissions médiatiques. Les esportifs professionnels ont la même préparation physique qu’un footballeur, par exemple. Ils ont des coachs, des sponsors, des récompenses. Et selon moi, passer 7h à jouer sur une chaise, c’est physique, n’importe qui ne peut pas le faire.

Esport: définition et développement.

L’Esport est le raccourci de “sport électronique”. Le site France Esports donne la définition suivante : l’esport est “l’ensemble des pratiques permettant à des joueurs de confronter leur niveau par l’intermédiaire d’un support électronique, et essentiellement le jeu vidéo” [2].

L’esport se différencie du gaming par le fait qu’il se joue en compétition. Ces compétitions sont en plein essor et sont organisées dans des salles aussi grandes que des stades. Mais, c’est en streaming que l’on compte le plus de spectateurs. Pour donner un exemple de l’engouement du esport, la finale de League of Legends 2018 a rassemblé environ 100 millions de spectateurs (99,6 millions), presque autant que la finale du Super Bowl (103,4 millions).

[1] Classification par âge des jeux vidéo.

[2] https://www.france-esports.org/

Lucie Deslandes – Service communication du PUC