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Le PUC au féminin : Interview de Marion, 30 ans, capitaine de l’équipe SF1 de handball

Comment as-tu découvert le handball ? Depuis combien de temps y joues-tu ?  

J’ai découvert le handball en primaire, dans la cour. J’ai commencé en club en sixième, cela fait beaucoup d’années maintenant 

Depuis combien de temps t’entraînes-tu au PUC ?  

Quand j’habitais encore chez mes parents, je jouais à Pontarlier (Franche-Comté). Lorsque je suis venue à Paris pour le travail, j’ai cherché un club et trouvé le PUC. J’y suis depuis 4 ou 5 ans.  

Depuis combien de temps es-tu capitaine Pourquoi as-tu été désignée capitaine ? Quel est ton rôle ?   

Je suis capitaine depuis 3 ans. Pour savoir pourquoi, il faudra demander au coach (rires). L’importance du capitaine réside dans la cohésion d’équipe : sur le terrain et dans le fonctionnement du groupe. Sur le terrain, il faut une capitaine car il faut une “patronne” pour remobiliser l’équipe dans les moments difficiles et montrer qu’il ne faut rien lâcher. 

Quel est ton poste ? Quelle est la difficulté de ce poste ?  

Je suis à la fois demi-centre et ailière droite. Le rôle du demi-centre est de distribuer et créer le jeu alors que celui de l’ailière droite est un poste de finition. Lorsqu’il y a des décalages, le ballon finit souvent sur l’aile : c’est un rôle clé car les tirs sont plus difficiles.  

Quelle est la dynamique de l’équipe ?  

Nous sommes sixièmes (dans un championnat de huit équipes). Mais, nous sommes à trois points des troisièmes (ndlr : au moment de l’interview, la rencontre contre les troisièmes n’avait pas eu lieu. Il y a désormais six points d’écarts entre les deux équipes).   

Quelle est l’objectif cette année pour ton équipe ?  

Idéalement, la quatrième place car nous pouvons jouer la poule haute. Pour l’instant, nous jouons le maintien. Pour être sûre d’être maintenues, nous devons être quatrième : pour aller en poule haute. L’objectif, c’est de garder notre place et ne pas descendre. 

Vous jouez demain contre Draveil HB (les troisièmes). Quelle sera la difficulté de ce match ? Quels sont les enjeux ?  

Pour l’enjeu gagner (rires) ! La difficulté, c’est que nous ne nous sommes pas entrainées toutes ensemble depuis plus d’un mois. Les grèves dans Paris nous ont beaucoup impacté et nous savons qu’après les fêtes, la reprise n’est jamais simple.  

Le handball féminin est de plus en plus populaire. Que pourriez-vous dire à des jeunes filles pour leur donner envie de jouer au handball ?  

C’est un sport collectif, tout d’abord. Le groupe apporte beaucoup. Par exemple, il y a beaucoup de similitudes entre un sport collectif et la vie d’entreprise. Et puis, c’est un jeu avant tout. Je lui dirais simplement de venir ! 

Avez-vous vu, ces dernières années, une augmentation des effectifs au PUC  

Chaque année, nous avons des recrues et des départs mais cela se stabilise depuis deux ans. C’est mieux car les premières années, tout l’effectif pouvait bouger d’années en années or une équipe ça se construit. C’est important d’accueillir de nouvelles recrues car nous en avons toujours besoin mais c’est bien aussi d’avoir un noyau sur lequel se reposer. Typiquement, sur des matchs difficiles, quand on joue avec des filles que l’on connait par cœur, il y a des automatismes qui se créent 

Aurais-tu préféré une femme comme entraîneur ?  

Je pense que c’est la personnalité du coach qui prime avant le genre. Je pense que ça lui demande plus de force d’adaptation que nous car c’est plus difficile mais je ne pense pas qu’il y ait de différence.  

En quoi est-ce plus compliqué pour lui ?  

Il a besoin de faire plus de psychologie qu’avec les hommes. Une femme va plus réfléchir et certaines acceptent mieux la critique que d’autres. 

Tu as commencé le handball très jeune. Tu n’as jamais pensé à faire une carrière professionnelle  

Non jamais. Je suis gauchère et c’est rare dans le handball donc j’ai vite été sélectionnée : j’ai joué en départementale, en ligue, j’ai fait sport études. J’ai été confronté à ces filières mais je ne me suis jamais posé la question car je ne pense pas avoir les capacités mentales pour devenir professionnelleJe n’ai jamais rêvé d’en faire mon métier, pour moi c’est un loisir et cela me permet d’avoir un bon équilibre de vie.  

Est-ce dur de concilier les entraînements, les matchs et le travail1 ? 

Oui ! Mais c’est de l’organisation. J’ai eu un métier où pendant une saison j’ai raté beaucoup de matchs car je travaillais à l’étranger et je l’ai ressenti sur mon bientre. J’ai besoin de me défouler et quand je viens à l’entraînement, je viens retrouver mes copines, je ne viens pas faire du sport. Pour les week-ends, mon conjoint préférerait que je sois là plus souvent pour que l’on parte en week-endJe ne mets pas le handball au second plan (au contraire) donc je m’organise pour être là aux entrainements et aux matchs 

Quels seraient les outils pour donner plus de visibilité au handball féminin ?  

Je ne sais pas mais c’est un phénomène de société. Quand l’équipe de France féminine est championne du monde, c’est mieux. En l’occurrence, elles se sont “ratées” au dernier mondial (ndlr : élimination dès les phases de groupes). Ça fait rêver les enfants dans ces périodes de victoires mais je pense que le handball masculin sera toujours mis devant celui des filles.  

Nous (les filles) n’avons pas le même traitement que les garçons. L’année dernière au PUC, ils avaient des primes de matchs, nous nonPourtant, nous étions mieux classées qu’euxMais, jn’en voudrais pas. Je pense qu’à partir du moment où il y a de l’argent dans une équipe, cela n’a pas la même valeur 

Vois-tu d’autres inégalités ?  

Au niveau des infrastructures. Les clubs de régions ont plus de moyens que les clubs parisiens et je trouve ça dommage. Par exemple, cela nous arrive de jouer dans des gymnases où il n’y a pas de douches. Nous sommes en National, ce serait plus agréable de jouer dans des structures adaptées. 

Samedi 11 janvier 2020 : Match à domicile contre Draveil HB 

Les SF1 du PUC Handball affrontaient l’équipe de Draveil HB, troisième du championnat et trois rangs au-dessus du PUC au classement. Les pucistes réalisent une bonne première période où elles tiennent longtemps au scoreDans un match avec beaucoup d’engagement et de faits de jeu (2 avertissements et exclusions pour le PUC, 2 avertissements et 4 exclusions pour Draveil), le résultat à la fin de la première mi-temps est de 7-15. La seconde période est difficile pour les pucistes : malgré un but dès le début de la seconde période, elles ne marquent aucun but durant 10 minutes ! Le réalisme des adversaires et les nombreux arrêts de la gardienne de Draveil (15 sur toute la partie) coûte le match au PUC qui s’incline 16 à 31.  

 Lucie Deslandes