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Le PUC au féminin : À la découverte des « violettes »

Cette année, le PUC met en avant ses figures et sportives féminines !

Au programme, tous les mois, une actualité sur les équipes féminines de football, rugby et handball. Vous découvrirez aussi les différentes personnalités qui constituent ces équipes avec un portrait de joueuse, chaque mois.

Ce projet sera aussi l’occasion de mettre en lumière les championnes, directrices de sections et athlètes féminines du PUC !

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L’Histoire

Après 40 ans d’existence, l’équipe de rugby féminin à XV est dissoute en 2008. Après 10 ans d’absence, la saison dernière marque le grand retour de l’équipe féminine de rugby dans le championnat régional à X. Absente des terrains depuis longtemps, l’équipe a choisi d’évoluer dans ce championnat pour fédérer et former une nouvelle équipe. L’objectif est d’apprendre les bases du rugby et faire évoluer les filles pour atteindre un niveau où elles pourront jouer à quinze. La saison dernière, l’équipe qui comptait 29 licenciées termine quatrième (sur 12 équipes) du championnat régional à X !  

Cette saison

40 licenciées font, pour l’instant, partie de l’équipe. Les “violettes” évoluent toujours en championnat régional à dix. L’équipe est actuellement en phase de qualification qui détermine dans quelle poule (haute ou basse) elle évoluera. Le rugby féminin au PUC se porte bien puisque depuis le début de la saison, les “violettes” ont remporté tous leurs matchs, avec un minimum de 40 points à chaque match. C’est la seule équipe du PUC rugby qui a gagné tous ses matchs en ce début de saison.  

 

Interview de Vincent Lenouvel, entraîneur de l’équipe féminine senior de rugby : 

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Quelle est la différence entre le rugby à X et le rugby à XV ?  

La principale différence est l’espace sur le terrain. A X, on garde le même terrain qu’à XV mais avec 3 joueuses en moins devant et 2 joueuses en moins derrière. A X, elles doivent fournir plus d’efforts, répéter plus de tâches, plus de courses…  

Les mêlées sont simulées : elles sont gagnées automatiquement et sans poussée par l’équipe en possession du ballon.  A part ça, le règlement reste le même. 

Y-a-t-il des différences entre le rugby masculin et le rugby féminin ?  

C’est complètement différent. Pour moi, il y a plus d’entraîneurs capables d’entraîner des hommes que des femmes. 

Quoi qu’il se passe, les filles viennent aux entraînements car elles ont envie d’apprendre. Elles savent basculer entre l’esprit de compétition et l’esprit purement ludique. Elles sont aussi conscientes des étapes à valider pour atteindre leurs objectifs, les hommes le sont peut-être moins. 

Avec les filles on doit adapter davantage notre discours : elles ont peut-être besoin de plus de bienveillance, de ressentir qu’on a confiance en elles… Elles se remettent toujours en question car elles veulent toujours faire plus  

Est-ce plus dur d’entraîner des femmes que des hommes ?  

Non. Mais selon moi, tout le monde n’en est pas capable. Il faut bien connaitre le versant féminin du rugby pour pouvoir l’entraîner correctement. Si un coach d’équipe masculine entraîne une équipe féminine en gardant les mêmes méthodes, il va se « planter ». Les femmes n’ont pas les mêmes réactions que les hommes et n’ont surtout pas les mêmes capacités, physiques et techniques. 

Depuis quelques années, on voit un essor du rugby féminin dans les médias. Il y encore beaucoup de critiques sur l’intensité, les performances, etc… Que pourrais-tu dire pour donner envie à des femmes de jouer au rugby ? 

Il n’y a pas moins d’intensité mais la performance n’est pas la même. La raison, c’est la forme physique : un homme court plus vite, il pourra faire une passe plus longue, il aura plus de facilité à attraper un ballon aérien… Les femmes misent sur l’esprit collectif, sur la volonté de jouer avant tout. 

L’objectif est-il de passer en Fédéral, c’est-à-dire passer au rugby à XV ? Comment y arriver ?  

Il n’y a pas de condition particulière, c’est un choix du club. On préfère que les filles gagnent en expérience et gardent plaisir à pratiquer en sécurité. Avant de basculer sur du rugby à XV, il faut les former sur plusieurs points : la mêlée ou la touche, par exemple. Le format à X est donc très intéressant pour ça. 

Les filles vont disputer des matchs à VII, à XV et du rugby à 5 en « open féminin » ou en mixte pour qu’elles découvrent tous les types de rugby. Quand les joueuses se sentiront à l’aise, quand le staff les sentira prêtes, nous intégrerons le championnat à XV. L’année prochaine ou dans deux ans, on verra.  

Combien y-a-t-il de licenciées en sénior féminine cette année ? 

Il y a au moins 40 filles, nous faisons encore passer des essais et des filles s’inscrivent encore. Il peut donc y avoir 50 filles à la fin de la saison.  

Certaines personnes ont l’image du rugby comme un sport violent. Comment parlez-vous en joueuses ? Comment parlez-vous des blessures ?  

Le rugby n’est pas plus dangereux statistiquement que la boxe ou l’équitation : c’est ce que l’on dit aux joueuses. Les drames dans l’ovalie sont au haut niveau, pas en amateur.  

Pour plus de sécurité, nous avons un ostéopathe bénévole qui suit les joueuses aux entraînements et aux matchs. On suit ses conseils : lorsqu’il faut sortir une joueuse ou lorsqu‘elle est prête à reprendre l’entrainement 

Mais, les blessures graves liées aux contacts sont moins importantes car les notions d’affrontement et de confrontation sont moins présentes que chez les hommes. 

Quelle est la dynamique de l’équipe en ce moment ?  

Les filles sont présentes et motivées à l’entrainement. Une joie de vivre parcours l’équipe et cela se voit hors et sur le terrain. Pour le moment, les filles ont gagné tous leurs matchs. Le 1er match, contre Créteil-Choisy, nous marquons près de 50 points alors qu’il n’y a que 8 filles sur le terrain. Pour leur second match, en amical à Meudon, nous gagnons sur le score de 38 à 0. Les filles avaient constamment envie de marquer et ne voulaient surtout pas prendre de point. Cela révèle l’état d’esprit combatif qui caractérise cette équipe !

Pour le troisième match, nous recevions Parisis, une équipe qui nous avait battu 20 à 10 la saison dernière. C’était un bon moyen pour nous d’évaluer notre progression (ou non) sur ce début de saison. Avec de nombreuses nouvelles joueuses et débutantes, nous gagnons le match 48 à 10 rendant fier tout le staff, moi inclus. Nous avons pu noter de nombreuses choses positives et orienter des domaines de travail spécifiques pour les entraînements à venir. 

Cette semaine (24 novembre 2019), nous avons joué Marcoussis (championnes la saison dernière) et Noisy. On perd 45-5 contre Marcoussis mais on gagne 48-10 contre Noisy. Nous avons élaboré des étapes de constructions de notre saison. C’est à nous de garder le cap pour franchir les étapes qui nous mènerons vers notre objectif : le championnat à XV.

Lucie Deslandes