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Le PUC au féminin : Interview de Caroline, 24 ans, capitaine de l’équipe sénior féminine de rugby

Comment as-tu découvert le rugby ? Depuis combien de temps y joues-tu ?  

Mon père est un grand fan de rugby. Tous les hivers, nous regardions le Tournoi des VI Nations à la télévision et nous allions à quelques matchs du Stade Français ou du Racing 92. C’est comme ça que j’ai eu envie de faire du rugby.  

J’ai fait un an de « touch” rugby dans lequel il n’y a pas de plaquage. Pour arrêter l’adversaire, il suffit juste de le toucher. Puis, j’ai déménagé sur Paris et j’ai commencé le rugby à X, l’année dernière. Mon arrivée dans le rugby est donc très récente. 

Depuis combien de temps es-tu au PUC ?  

Je suis arrivée l’année dernière, 1 mois après la réouverture de la section féminine. Comme moi, la plupart des filles sont arrivées l’année dernière. Beaucoup de filles nous ont rejoints cette année, on a quasiment doublé l’effectif. Cette saison, nous sommes entre 25 et 30 filles à l’entrainement alors que l’année dernière, nous étions 10 joueuses, parfois 12. Au niveau de l’intensité et du contenu des entraînements, c’est complètement différent. On peut faire des oppositions réelles maintenant : on travaille plus.  

À quel poste joues-tu ?  

Je joue numéro 9, l’équivalent de demi de mêlée. Le rôle du 9 est d’éjecter la balle après les mêlées et d’orienter le jeu, il choisit le sens de jeu.  Il travaille de pair avec le numéro 10, qui oriente les lignes arrière. Ensemble, ils annoncent les combinaisons.  

Comment as-tu été désignée capitaine ? Est-ce parce que tu diriges l’équipe sur le terrain ?  

Je suis capitaine depuis cette année. Je connais les anciennes joueuses, j’étais là au début de l’aventure donc je connais l’équipe. Je ne pense pas que le poste sur le terrain soit d’une grande importance.  

Quel est ton rôle de capitaine ?  

Sur le terrain, je parle et j’encourage, j’essaye de gérer certaines sautes d’humeur et j’essaye de montrer l’exemple. Je m’occupe de faire le lien entre l’arbitre et les joueuses aussi. En dehors du terrain, j’essaye de comprendre les filles, je fais le lien entre les différents groupes qui se forment, entre les anciennes et les nouvelles joueuses. Et tout ça dans une bonne ambiance, toujours la bonne ambiance. 

Quelles sont les réactions lorsque tu dis que tu joues au rugby ?  

Cela apporte directement un capital sympathie. Au premier abord, cela surprend qu’une fille fasse du rugby, surtout au niveau du gabarit. Pour certaines personnes, si je ne fais pas 1,90 mètres et 100 kilos, c’est surprenant que je joue au rugby. Il n’y a pas vraiment de préjugés mais beaucoup de curiosité. Les personnes s’intéressent à ce que je fais, me demandent comment j’ai découvert le rugby ou comment se joue le rugby à X. 

J’ai beaucoup de collègues qui me demandent s’ils peuvent venir voir mes matchs ou comment ce sont passées les rencontres du week-end. Ils ont souvent envie d’en savoir plus, de suivre l’aventure avec nous. 

Avec le bouche-à-oreille, je pense que le rugby féminin peut se développer. Je le vois dans la curiosité et l’intérêt des personnes autour de moi.  

Selon toi, comment le rugby féminin pourrait devenir plus populaire ?  

Dans les autres sports collectifs, notamment le handball, les compétitions féminines sont assez médiatisées parce qu’il y a des résultats. Si les Françaises font une bonne Coupe du monde (en 2021, en Nouvelle-Zélande), il y aura peut-être plus de visibilité sur le rugby féminin.  

Le rugby à XV, pour l’équipe, est-ce un objectif lointain ou proche ?  

Pour l’instant, l’objectif est de parvenir aux finales de championnat. Snous construisons une bonne équipe qui veut grandir ensemble et que nous avons de bons résultats, nous ne serions pas contre dans le championnat à XV. Il faut aussi que ce soit dans la bonne humeur et avec bienveillance. Il faudra l’effectif et surtout la volonté : ce sera plus d’investissements et plus dur.  

Pour l’instant, les résultats sont bons. Êtes-vous dans une bonne dynamique ?  

Oui, pour l’instant, les résultats sont correctsNous perdons seulement contre Marcoussis (championnes l’année dernière) mais nous aurons notre revanche d’ici les finales. C’est l’équipe à abattre mais c’est surtout à nous de progresser. Elles ne sont pas imbattables et c’est à nous d’atteindre leur niveau. 

L’équipe est coachée par deux hommes, Sébastien Rousselet et Vincent Lenouvel. Aurais-tu préféré une figure féminine comme entraîneur ?  

Homme ou femme, il faut que la personne comprenne le groupe. Il y a des femmes qui seraient incapables de gérer une équipe féminine parce qu’elles n‘ont pas forcément la patience ni la bienveillance. Nous avons deux coachs fantastiquesje ne sais pas si cela se serait mieux passé si c’était des femmes. Sébastien et Vincent savent comment nous parler et impulser la dynamique qu’il nous faut. Ils savent nous motiver et nous garder sous-pression. Et, toujours dans la bonne humeur. 

Qu’est-ce qui motive cette équipe ? 

On a toutes un objectif commun : prendre du plaisir. Nous avons un groupe plutôt hétéroclite qui comporte des profils très divers : étudiantes et jeunes actives. Certaines font du rugby depuis plusieurs années et ont accumulé du vécu, de l’expérience. D’autres ont commencé récemment et amènent de l’insouciance, de la fraîcheur. On veut s’amuser avant tout.  

 Lucie Deslandes