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Interview de Camille, joueuse dans l’équipe féminine de rugby

Quand es-tu arrivée au PUC ?  

Cette année, en novembre. Je cherchais un club pour reprendre le rugby car j’avais arrêté pour me consacrer à mes études. J’ai choisi le PUC car c’était sur le trajet entre mon travail et chez moi. Et puis, c’est un club de renommé.  Quand je suis arrivée à Paris, je ne connaissais que le PUC, le Stade Français et Bobigny comme clubs de rugby. Je savais aussi que je voulais faire du rugby à X. J’ai beaucoup joué à XV, au poste de talon et je préférais courir que pousser les mêlées.  

Depuis combien de temps pratiques-tu le rugby ?  

J’ai souvent arrêté à cause de mes études mais je dirais 8 ans. J’ai commencé en cadettes à Millau (ndlr : les championnes de France en titre). Ensuite, j’ai fait du rugby à VII. J’ai arrêté 2 ans et j’ai repris à Blagnac pendant 3 ans. J’ai arrêté pour mes études puis j’ai repris au Mexique. Et maintenant au PUC.  

Quelle est la principale différence entre le rugby à XV et le rugby à X ?  

À X, les joueurs touchent plus le ballon, plaquent plus et courent plus. Ça bouge plus vite : surtout au poste de talon. À XV, le talon reste sur le retour des mêlées ou des touches et il ne joue pas forcément et ça me frustre. Le X, à mon poste, est plus agréable à jouer : j’ai moins de pression car à XV, les touches et mêlées reposent sur le talon. 

Quelles sont les réactions lorsque tu dis que tu joues au rugby ?  

Il y a forcément plus d’étonnement à Paris que dans le sud où ça joue beaucoup au rugby. Mais, je m’entoure de gens qui font du rugby et ce n’est pas étonnant vu mon caractère que je fasse un sport de combat.  Avant les bons résultats de l’équipe de France féminineil y avait quelques remarques mais il y en a beaucoup moins maintenant. 

Tu es interne en pharmacie, tu travailles au Laboratoire français de lutte anti-dopage.  Le rugby est un sport très physique. Est-ce que tu penses qu’il y a un problème de dopage dans le rugby ?  

Avant non. Maintenant que je travaille au Laboratoireje me rends compte que c’est un problème. Les rugbymen sont dans le TOP 10 des sports où il y a le plus d’athlètes dopés.  

Tu as joué au rugby au Mexique. Quelle est la principale différence avec la pratique en France  

J’ai été fille au pair au Mexique pendant 7 mois : j’ai joué pour l’équipe des Wallabies qui appartient au lycée franco-mexicain. Je suis arrivée pendant la période des Seven au Mexique (championnat national de rugby à VII) 

La principale différence, c’est la popularité. Au Mexique, j’ai souvent  expliquer ce qu’était le rugby. Il n’y a pas beaucoup de moyens, ni beaucoup de joueurs : les filles et les garçons s’entrainaient ensemble. Le rugby féminin, c’est plus compliqué : il n’y a qu’un championnat pour les filles et elles sont souvent débutantes. Ce sont des filles qui ont fait du football ou du football américain et elles veulent tenter quelque chose de nouveauMais, il y a une volonté de développement et elles ont déjà deux équipes féminines nationales : une à XV et un à VII.  

Vous avez battu Marcoussis cette semaine. Est-ce que cela vous donne encore plus confiance pour la finale ?  

Oui, je la sens bien. Mais, ce n’est pas parce que nous avons battues Marcoussis que nous sommes championnes du monde. De plus, nous avons gagné de seulement 2 essais, sur un terrain boueux et une météo ingrate. Mais, oui, cela nous donne confiance : nous savons que nous avons toutes les cartes en main pour aller les gagner en finale. Nous avons encore un mois pour le réaliser.  

Comment vois-tu la perspective de faire évoluer l’équipe au rugby à XV ?  

Je ne serais plus là, l’année prochaine : mon stage se finit à la fin de la saison. Mais, si je reviens sur Paris, oui je reviendrais au PUC même si le rugby à XV me tente moinsJe reviendrais car je prends plaisir à jouer avec les filles. Dès mon arrivée, je me suis bien sentie dans le groupe avec le week-end d’intégration, notamment. Nous faisons souvent des sorties ensemble. Et je sais que pour la finale d’Ile-de-France, quel que soit le résultat, on sera ensemble le soir même.   

As-tu déjà pensé à jouer dans des équipes professionnelles ?  

(Camille hoche négativement la tête, en faisant de grands yeux). Non, non. Quand je jouais à Blagnac, je savais déjà que je n’avais pas les capacités de jouer en professionnel à mon poste. Je suis très concentrée sur mes études et même si l’occasion s’était présentée, je ne l’aurais pas saisie. 

Je te laisse le mot de la finVeux-tu rajouter quelque chose ? 

Je suis contente d’être dans ce club et je voulais remercier les coachs et les filles qui m’ont bien accueillie. Et venez jouer au PUC, si on passe à XV, on aura besoin de vous ! 

 

Lucie Deslandes