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Interview de Noémie, joueuse de l’équipe féminine de rugby

Comment as-tu découvert le rugby ?  

Je baigne dans le rugby depuis que je suis toute petite : mes frères font tous du rugby. Mais, j’ai vraiment découvert le sport en le pratiquant en STAPS, la première année. J’ai joué au RUCC (Rugby Athletic Cerdagne Capcir) puis à Bagneux et je suis arrivée l’année dernière au PUC.  

Vincent a formé le noyau dur de l’équipe lorsqu’il nous entraînait à Bagneux avec Charlotte, Diya, Sahra, Hélène et Clémence. Il nous a parlé de reconstruire l’équipe féminine du PUC et nous l’avons suivi dans ce projet. 

Tu fais partie des “anciennes”. Quelle est la principale différence entre les deux années ?  

Nous avons réalisé deux très bonnes saisons. L’année dernière, c’était plus dur d’avancer car nous étions un groupe en pleine construction. Cette année, nous sommes sûrement plus en réussite car nous arrivons à être vraiment ensemble.  

À quel poste joues-tu ? 

Je suis polyvalente mais généralement au poste de talonneur. 

Quelles sont les principales qualités d’un bon talonneur ?   

La puissance. Quand le talonneur sort de la mêlée, il faut réaliser les impacts pour “gratter” les ballons. Et en défense, il faut vite contrer. 

Tu as joué à VII. Quelle est la différence entre le VII et le X, selon toi ? 

Les phases sur le terrain sont différentes. Au rugby à VII, il y a 5 mètres de terrain en moins : un joueur qui perce la défense adverse va systématiquement à l’essai. En X, le terrain est plus grand, le jeu est plus imprévisible. J’avoue préférer le X : je peux courir plus.    

Tu n’as jamais voulu jouer à XV ?  

J’ai commencé le rugby à 18 ans, pour le plaisir. Le XV, c’était plus compétitifCe que j‘aimais et aime toujours en X, c’est la polyvalence et je ne voulais pas me cantonner à un seul poste.  

L’idée du club est de faire passer l’équipe à XV dans le futur. Qu’en penses-tu ? 

J’ai voté que nous restions à X (rires). Mais je resterais si on passe à XV. 

Que penses-tu de la performance de l’équipe, cette saison ? 

Nous sommes premières à égalité avec Marcoussis ! 

Incroyable. L’année dernière, nous avions quelques défaites. Cette année, nous avons été invaincu pendant très longtemps ! Cela fait du bien d’avancer ensemble, en groupe. Même quand nous avons perdu, c’était avec honneur.  

Je devais arrêter le rugby après cette saison mais comme nous n’avons pas gagné, je vais devoir continuer (rires). 

Pourquoi as-tu commencé le rugby si tard alors que tes frères y jouaient ? 

J’ai pratiqué la gymnastique pendant 14 ans : ma mère avait son quota de sport de garçon. Elle n’a pas voulu que je fasse de boxe donc j’ai fait du handball. Et enfin, cette année, elle m’a vu pour la première fois sur un terrain… et elle a validé.  

Trouves-tu qu’il y ait trop de préjugés dans le rugby féminin Comment y remédier ?  

Oui, encore. Je trouve cela dommage car il y a beaucoup de filles, comme moi, qui aurait pu commencer plus tôt et qui n’ont pas pu. 

Il faut que le rugby soit enseigné pour tout le monde, dès l’école. Il faudrait dire aux jeunes filles que ce n’est pas un sport de garçon manqué, que ce n’est pas réservé à leurs frères et aux hommes “baraqués”. Il faudrait leur dire que c’est possible d’être une fille et faire du rugby. 

Pour conclure la saison, pourrais-tu partager un moment heureux et un autre plus difficile de cette année ?  

Le moment heureux, c’était le deuxième match contre Marcoussis. Nous appréhendions le match car nous avions perdues le précédent match contre cette équipe. Ce jour-là, il neigeait, nous étions frigorifiées : le match suivant a été annulé car il neigeait trop. Mais nous n’avons pas abandonné car c’était Marcoussis. Niveau qualité de jeu, nous étions au coude à coude mais nous avons gagné au niveau du mental. 

Un moment plus douloureux : l’un des premiers matchs contre Marcoussis. Je sors au bout d’une mi-temps car nous sommes dominées. On perd ensemble, en équipe mais c’est plus dur lorsqu’on n’est pas sur le terrain.  

Le mot de la fin ?  

Si vous voulez vous inscrire, venez ! Dès septembre, on jouera encore mieux et on fera la fête !  

 

Lucie Deslandes