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Interview de Mallorie – Joueuse de l’équipe féminine de rugby

Comment as-tu découvert le rugby ?

Par hasard (rires). J’ai fait 15 ans de danse classique et lorsque j’ai commencé ma prépa (ndlr : pour les écoles d’ingénieurs), j’ai arrêté. En commençant mon école (à Toulouse), je voulais reprendre la danse mais lors des portes ouvertes, une des joueuses de rugby a bien vendu le projet et j’ai commencé le rugby.

Depuis combien de temps pratiques-tu le rugby ?

C’est ma 4e année. Je suis arrivée en septembre au PUC.

Qu’est-ce qui est plus dur entre la danse classique et le rugby ?

Ce n’est pas le même effort. Au rugby, on transpire plus car on est plus en mouvement. C’est beaucoup de cardio. En danse, il faut se focaliser sur son équilibre et bien connaître son corps.

Au rugby, tu suis le rythme de l’équipe, en danse, tu suis la chorégraphie et la musique. La danse est plus intellectuelle : il faut apprendre les chorégraphies et être organisé. Au rugby, à part aux entraînements, tu es dans l’inconnu.

Que penses-tu de la popularité du rugby féminin ?  

Je faisais du rugby à 7 à Toulouse. Lorsque je suis arrivée à Paris, je ne m’attendais pas trouver autant de clubs qui proposent du rugby féminin, ni même qu’il y ait un aussi bon niveau. C’est une amie qui m’a dit d’essayer au PUC et je ne connaissais pas. Lorsque j’en ai parlé autour de moi, j’ai réalisé que le PUC était très connu et un grand club !

Que penses-tu de la visibilité du rugby féminin ?

Je pense que ça prend de l’importance. Le Tournoi des VI Nations est diffusé en clair, au même titre que les hommes, ce qui est génial.

Comment la visibilité du rugby féminin pourrait augmenter ?

Il faudrait commencer dès l’école. Pour les filles, il n’y a pas d’initiation à ce genre de sport et il y a encore trop de stéréotypes.

La diffusion des matchs en clair, c’est important aussi.

Que préfères-tu entre le rugby à VII et celui à X ?

Au rugby à VII, c’était du niveau débutant. Notre technique, c’était chaque joueuse sur une joueuse adversaire mais lorsque l’une d’elles transperce les lignes : c’est l’essai assuré.

À X, le terrain est plus grand. Ce que j’aime, c’est de pouvoir travailler à un poste précis.

À quel poste joues-tu ?

3ème ligne aile. C’est compliqué de savoir quand et qui plaquer, il faut savoir aller au contact. À VII, tu gardais ta joueuse et tu plaquais même s’il n’y avait pas de soutien derrière.

À X, on peut faire de belles passes, de belles actions.

Que penses-tu de cette saison ?

Elle n’est pas finie… Mais, je pense que nous avons donné le meilleur de nous-mêmes. Le niveau est très différent de mon ancienne équipe et les filles sont très motivées. Nous sommes beaucoup aux entraînements, environ 25, alors qu’à Toulouse, nous étions au maximum cinq.

Comment définirais-tu l’équipe ?

Soudée et joyeuse : c’est la fête tout le temps. Il y a un noyau dur avec les anciennes qui ont fait plusieurs saisons ensemble. Mais, les nouvelles et moi-même avons été très bien intégrées au groupe. Il n’y a pas plusieurs groupes fermés : nous formons une vraie équipe.

Que penses-tu du projet de passer à XV ?

Je ne suis pas contre mais je me suis adaptée au rugby à X, j’aime bien. J’aimerais bien ne pas faire du XV tout de suite pour découvrir plus le X.

Je te laisse le mot de la fin…

Nous avons deux très bons entraîneurs qui nous font travailler sur différentes choses. Ils nous poussent toujours à être au meilleur de nous-même. C’est très différent de ce que j’ai fait avant. Dans toute ma pratique, j’ai toujours pensé qu’il était important de ne pas se reposer sur ses acquis, comme les coachs. Ils ne s’appuient pas sur une joueuse qu’ils prennent en exemple : tout le monde doit se dépasser.

 

Lucie Deslandes