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Le PUC au féminin : Interview d’Haude, joueuse et entraîneure de l’équipe mixte, joueuse en équipe féminine.

Quand es-tu arrivée au PUC ?  

Je suis arrivée en 2007, je suis partie à Noisy-le-Sec entre 2010 et 2013 et je suis revenue. Je coache l’équipe mixte depuis et j’entraînais les filles jusqu’à l’année dernière avec Alice, joueuse en équipe féminine.  

Depuis combien de temps pratiques-tu l’ultimate ?  

J’ai connu l’ultimate au lycée en 1998. J’ai arrêté pour mes études et j’ai fait ma dernière année aux Etats-Unis où j’ai repris pour 6 mois. J’ai rejoint le PUC car c’est ici que j’ai trouvé une section ultimate. 

Il est rare de voir des sports collectifs où il y a des équipes mixtes. Pourquoi est-ce possible en ultimate ?   

Il n’y a pas de contact dans ce sport. La dimension physique compte mais sans le contact, hommes et femmes peuvent coexister. C’est une des spécificités du sport et l’une des raisons pour laquelle j’ai adhéré à l’ultimate. Le phénomène du mixte est assez sympa : il y a une ambiance de groupe très différente. Les problèmes que l’on peut rencontrer en masculin et en féminin disparaissent. 

Tu joues en équipe mixte mais tu l’entraînes aussi. Comment gères-tu cette double casquette ?  

C’est assez inhabituel dans les sports collectifs de faire les deux mais très fréquent en ultimate, surtout chez les filles. Je gère comme je peux (rires). Sur l’équipe féminine, j’entraînais avec Alice et c’est toujours mieux d’être à deux à ce poste. Le plus dur, c’est essayer d’avoir un regard extérieur et cela peut coûter sur son jeu personnel. Mais, c’est une habitude à prendre. Il faut aussi être suffisamment en forme pour ne pas s’occuper de soi mais du collectif. Par exemple, en début d’année, je ne jouais pas : je me suis occupée des nouveaux arrivants, de la mise en place du calendrier et des entraînements.  

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Quel est l’avantage de jouer en mixte ?  

Il y a une ambiance unique. Le mixte fait aussi travailler des choses différentes pour les hommes et les femmes, énormément la technique. Une femme travaille sa réactivité : le jeu va plus vite. Un homme, quant à lui, va travailler sa précision : une femme court moins vite, saute moins haut, les passes doivent être plus calculées. Et sur le terrain, il y a 2 matchs : celui des filles et celui des garçons. Les tactiques de match changent si l’ascendant est masculin ou féminin. 

Que préfères-tu entre le mixte et le féminin ?  

Le mixte pour l’ambiance et parce que ça va plus vite. Alice dirait qu’elle préfère le féminin. 

Quand et comment as-tu commencé à entraîner ?  

En ultimate, les entraîneurs ne sont pas nombreux. En revenant de Noisy-le-Sec, je voulais m’engager sur quelque chose de différent alors j’ai commencé à entraîner les filles et le mixte. 

Comment gères-tu les différences de psychologies entre homme et femme en mixte ?  

Il y a évidemment des différences entre les genres. Mais, en mixte, je peux avoir un discours où je peux les secouer sans que personne ne soit vexé. Je peux prendre un ton peut-être un peu plus dur qu’en féminin, où il faut parfois savoir prendre des pincettes... 

Tu entraînais l’équipe féminine l’année dernière. Pourquoi as-tu arrêté ?  

C’était beaucoup de travail de coacher et de jouer dans deux équipes. Un entraîneur extérieur s’est proposé. Cela faisait 5 ans que j’entraînais l’équipe avec Alice et 5 fois que l’on ratait la finale (3e place). Nous n’avions rien à perdre à essayer quelque chose de nouveau. Et nous ne sommes pas totalement parties, nous faisons encore partie de l’équipe mais cela apporte une nouvelle dynamique. 

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As-tu déjà été critiqué pour ton rôle de coach en tant que femme ?  

En mixte ? Non. Comme parmi les joueurs, il y a une mixité chez les coachs. J’entraîne avec un homme. Nous essayons de se nous compléter et de ne pas avoir les mêmes défauts pour bien entraîner l’équipe. Je pense aussi avoir assez de vécu et de palmarès dans l’ultimate pour qu’on ne m’embête pas (rires). 

Qui détermine dans quelles équipes vont les joueurs ?  

Eux-mêmes. Il y a 3 ou 4 équipes masculines, 3 équipes mixtes et 2 équipes féminines. En général, ils font les deux : mixte et l’équipe masculine ou féminine. En faisant les deux, ils ont deux entraînements par semaine : mixte le mardi et par genre le jeudi. Le PUC laisse la liberté aux joueurs de choisir. Noisy-le-Sec (ndlr : la meilleur équipe française) est très axé sur les équipes féminines et masculines, il y a très peu de mixte.  

L’ultimate est un sport méconnu… Comment fonctionne les saisons, les compétitions ? Comment vous préparez-vous ?  

Il y a un cycle de 4 ans en ultimate : les Championnats d’Europe des Clubs, les Championnats du Monde des clubs, les Championnats d’Europe des nations et les Championnats du Monde des Nations. Cette année, ce sont les Championnats du Monde des Nations auxquels Alice va participer.  

Contrairement aux autres sports collectifs, les compétitions se déroulent sur des week-ends et non match par match. En féminin, nous avons deux week-ends de compétitions en mai et en juin. En mixte : un en mars et un en avril/juin. Pendant ces week-ends, nous faisons quatre matchs d’une durée d’une heure trente. La préparation est différente des autres sports car il faut se préparer à des efforts intenses répétés sur une courte période : tout un week-end 

Pour la préparation : nous avons une phase indoor en hiver où les jeunes peuvent s’aguerrir. C’est une préparation plus facile car le facteur du vent n’est pas présent. Les championnats extérieurs commencent à partir de fin mars. 

Cela doit être éprouvant de disputer un championnat sur seulement 2 week-ends : qu’est-ce qu’il y a de plus difficile ?  

La préparation. Il faut faire tout un programme de préparation physique pour arriver en forme sur les championnats. Il faut organiser des tournois de préparation contre d’autres équipes. Cette année, en mixte c’était à Varsovie et à Hambourg, pour les féminines. On affronte des équipes européennes pour se préparer au mieux. Il faut aussi gérer les blessures.  

Comment les gérez-vous ?  

C’est compliqué. Nous devons travailler la puissance, l’agilité et l’adresse pour arriver à un pique de forme extrême pour les championnats. Il y a beaucoup de blessures car nous ne sommes pas des professionnels : il suffit d’être fatigué, d’avoir eu beaucoup de travail dans la journée, d’un mauvais appui… et puis les croisés. C’est arrivé à un joueur cette saison. Mais, c’est le lot de tous les sports et nous devons être préparés à cela et faire avec. 

Vois-tu une augmentation des effectifs au PUC ?  

Une forte augmentation. La section a atteint le nombre de personnes maximum, nous sommes complets. Endébut d’année, nous devons sélectionner et rediriger vers d’autres clubs de Paris car on ne peut pas accueillir tout le monde. Cette année, 40 à 50 personnes voulaient s’inscrire, seulement 20 personnes ont pu s’inscrire dû au manque de place. Nous sommes 130 adhérents 

Quel est l’objectif de cette année ? Quelles équipes sont favorites ?  

Nous aimerions bien faire une catégorie européenne. Les finales du championnat sont bien sûr les principaux objectifs. En féminin, cela fait plusieurs années que nous sommes 3èmes. On veut aller en finale maintenant !  Il n’y a pas de favoritisme, pas de catégorie phare, c’est un choix du club de pousser dans toutes les catégories.  

L’ultimate est un sport peu connu. Es-tu engagée pour une meilleure visibilité du sport ?  

Oui, je suis très investie. Je travaille à la Fédération Française et Européenne d’Ultimate. J’essaye de contribuer au développement de la fédération : de trouver des sponsors et des investisseurs. Quelques chaînes de télévision sont venues au PUC filmer des entraînements, ce qui apporte un peu de visibilité. Mais, je pense que pour faire connaître notre sport, ce sont les professeurs en lycée et collège qui pourraient nous apporter beaucoup de monde. 

Lucie Deslandes